PERSONNALITÉ
DU MOIS

Véronique Lévesque et Réjean Morin

Propriétaires de la ferme Morine

Depuis le 29 janvier dernier, la ferme laitière de Réjean Morin et Véronique Lévesque a intégré les rangs du Club de l'excellence de la qualité du laitd'Agropur. Et, croyez-nous, ce n’est pas le fruit du hasard si les pratiques de la ferme Morine de Coaticook sont exemplaires.

Alors que Réjean est à la traite, Véronique nous raconte longuement leur passion pour les 65 vaches Holstein qu’ils bichonnent ensemble depuis 15 ans.

Véronique avoue d’emblée être une grande perfectionniste. «Chez nous, on ne fait pas les coins ronds !» Et ce n’est pas sans fierté qu’elle se vante de nourrir ses animaux avec ses propres cultures. «On fait encore de la belle petite balle de foin carrée, comme les faisaient nos parents avant nous. Dix mille balles de foin sec par année, Monsieur. Notre vétérinaire dit que notre fourrage améliore la qualité de notre lait».

Bien sûr, ils ne le ramassent plus à la fourche, mais le couple a toujours un faible pour les choses faites à l’ancienne. Et le contact humain avec leurs bêtes demeure incontournable.

«J’ai toujours dit à Réjean que si un jour un robot de traite avait le malheur d’entrer ici, j’abandonnerais la production laitière.»

Tous deux nés et élevés sur des fermes laitières de Coaticook, de toute leur vie, ils n’ont jamais habité à
plus de 5 km l’un de l’autre. C’est peut-être pour cela qu’ils n’ont jamais ressenti le besoin d’avoir de téléphone intelligent.

En revanche, ils ne se passeraient pas de leurs trayeuses Duovac. «On a des beaux pis, très bien calibrés. Notre but, c’est de faire du lait de qualité avec de belles vaches qui vont demeurer longtemps dans notre étable.» Justement, Véronique raconte qu’à l’automne dernier, le club Holstein de Sherbrooke a remis au couple unSabot d’or pour avoir su conserver ses vaches laitières pendant plus de six ans. «C’est deux ans de plus que la moyenne, souligne la détentrice d’un DEP en production laitière. Plus elles sortent âgées de l’étable, plus elles sont rentables pour nous.»

Seule ombre au tableau, la menace de la fin de la gestion de l’offre. «Si la valeur de l’hectolitre de lait passe de 80 dollars à 35$ comme aux États-Unis, on ne pourra plus arriver», soutient Véronique qui est choquée de voir les intrants américains arriver chez nous. «Là-bas, le contrôle de qualité du lait n’a rien à voir avec ici. Ils ne savent pas ce qu’ils boivent, tandis que chez nous, tout est strictement contrôlé.
La qualité, ça se paye !»

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