Personne du mois
 Septembre 2020

Gislain Houle

Les poules aux œufs d'or

S’il avait fait carrière dans l’élevage de bétail, on aurait dit de Gislain Houle qu’il est une vraie queue de veau. Mais puisque le destin l’a plutôt amené à jongler avec une production de plus de 113 000 œufs par jour, il est plus juste d’affirmer qu’il court comme une poule.

 

En plus de veiller à représenter les quelque 180 producteurs québécois qui, bon an, mal an, pourraient faire une giga-omelette de 1,6 milliard d’œufs (bonjour le Guinness!), le 1er vice-président de Fédération des producteurs d'œufs du Québec élève lui-même 123 000 poules pondeuses et des poulets de chair dans trois entreprises connues sous la bannière Le Meunier du 8. C’est bien la preuve qu’il ne saute pas du coq à l’âne! Cela ne l’a quand même pas empêché de se porter candidat à la mairie de sa municipalité en 2016. Mais comme disait Churchill : « Le succès n'est pas définitif, l'échec n'est pas fatal; c'est le courage de continuer qui compte ».

Et de courage, il n’en manque pas. Cela fera bientôt 30 ans que son père s’est lancé dans l’élevage de poules pondeuses à Saint-Germain-de-Grantham, près de Drummondville. Gislain a si bien tiré profit de son expérience sur la ferme familiale qu’en 2012, il est parvenu à convaincre son paternel et son frère de se lancer dans la production en volière.  Cela a fait de lui le précurseur au Québec puisqu’à l’époque, tout le monde s’en remettait à la production en cage traditionnelle.

Non seulement son organisation a contribué à mettre en place un code de bonnes pratiques qui satisfait les détaillants en matière de bien-être animal, mais la production de ses 65 000 poules blanches destinée à la mayonnaise Hellmann’s porte la certification American Human. Aussi bien dire que Gislain ne marche pas sur des œufs face aux écologistes.

Si son cheptel a pratiquement doublé depuis 2015, le nombre d’employés dans son entreprise, lui, n’a pas vraiment augmenté. C’est que dès 2016, Gislain a investi dans l’automatisation. En introduisant la technologie Maximus dans ses pondoirs, il s’est assuré d’une gestion globale de l’environnement de ses entreprises.

« Du contrôle de l’alimentation, de la température, de l’humidité, de l’éclairage, de la ventilation, du CO2, de la collecte des eaux, de la réfrigération, tout fonctionne par alerte. Je peux littéralement gérer mes poulaillers à partir de mon téléphone intelligent. Les alarmes m’arrivent directement par SMS. Le ramassage des œufs est pas mal automatisé, mais mon fils vient encore les fins de semaine mettre les caisses d’œuf sur les palettes.»

Avec la crise du coronavirus qui s’est abattue sur le monde, on pourrait croire que l’homme de 48 ans, père de cinq enfants, n’a plus besoin de se lever à l’heure des poules. C’est vrai que toutes ses réunions, comités, conseils d’administration et conseils exécutifs se font désormais par vidéoconférences et qu’il ne parcourt plus le Québec en voiture.

S’il passe 90% de son temps à la ferme, il n’en demeure pas moins qu’en raison des bouleversements sur le marché de la transformation, Gislain Houle a dû s’activer. Il a même dû participer au programme d’abattage précoce de poules pour éviter la surproduction d’œufs. Ça ne s’est pas fait de gaieté de cœur, mais quand on n’a pas le choix…

Qu’à cela ne tienne, il est très optimiste pour l’avenir du secteur et pour ses deux gars qui comptent bien prendre la relève un jour. Après tout, il s’agit d’un aliment à très haute valeur nutritive. Avec sa recette de tartelettes aux œufs pendant la pandémie, ce n’est pas le Dr Arruda qui pourra dire le contraire!

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