Frankenstein chinois

Entre le clonage d’une grenouille, en 1952, la naissance de Dolly, en 1996, l’arrivée du chat Little Nicky (premier clone produit à des fins commerciales, en 2004) et les 3000 bovins génétiquement identiques que l’on comptait en 2007, la technique a fait des bonds de géants. Si bien que dès juin 2016, la ville de Tianjin (Chine) inaugurera la plus grande usine de clonage animal au monde. Le tout, semble-t-il, afin de lutter contre la pénurie de bœuf en Chine.



Une fois parachevé, le complexe d’un demi-milliard $ US devrait comprendre un laboratoire de clonage, une banque de gènes, un centre d’enseignement des sciences et un musée. On compte y produire 100 000 embryons de bovins de boucherie de haute qualité, la première année, puis un million, dès la deuxième année.


Mais avant de pouvoir commercialiser son bœuf cloné sur le marché, le centre devra recevoir l’approbation finale du ministère de l'Agriculture et d'autres organismes gouvernementaux chinois. Et il semble que la viande ne soit pas encore cuite.


Bien que la Food and Drug Administration estime que la viande issue de bovins clonés ne présente pas plus de risque que celle provenant d'animaux élevés selon les méthodes classiques, ce n’est pas l’avis de tous. Ainsi, le 8 septembre 2015, le Parlement européen a adopté en première lecture, une législation interdisant le clonage d’animaux à des fins d’élevage et d’alimentation dans l’Union européenne, mais aussi l’importation sur le territoire européen de leurs descendants et de produits qui en sont issus.


Si jamais les autorités chinoises ne donnent pas le feu vert à la consommation de viande clonée, l’entreprise pourra tout de même se rabattre sur son projet de clonage de chiens renifleurs.


Par les temps qui courent, les services antiterroristes du monde pourraient s’avérer un filon plus que rentable !

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