L’astéroïde ruminant

D’éminents scientifiques craignent que la Terre puisse bientôt être confrontée à la sixième extinction de son histoire. Pour lutter contre le changement climatique, certains écologistes préconisent jusqu’à l’interdiction de la consommation de viande. D’autres, en revanche, soutiennent que si nous cessions d'utiliser le bétail pour convertir l'herbe et le soleil en lait et en viande, nous réduirions considérablement notre approvisionnement alimentaire. Le bétail est-il un astéroïde environnemental qui détruira notre planète ?



L’entreprise asiatique Green Monday martèle sans relâche son message antibétail. Elle cite, entre autres, un rapport des Nations Unies de 2004 qui soutenait que le bétail contribuait à plus d'émissions de gaz à effet de serre que tout le secteur des transports réunis. Bien qu’il semble que les auteurs du rapport aient depuis admis que leurs calculs étaient erronés, Green Monday soutient toujours que les ruminants sont non seulement des usines à méthane responsables de 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais qu’ils mettent en péril la sécurité alimentaire mondiale.


Des chercheurs de l'Agricultural Research Service de l'USDA et de l’Institut polytechnique et université d'État de Virginie (Virginia Tech) prétendent, au contraire, qu’un système alimentaire sain et durable dépend de la présence de plantes et d'animaux.


Ils rejoignent en cela les dires de Mme Sara Place, la directrice principale de la National Cattlemen's Beef Association pour la recherche sur la production de bœuf durable. Selon elle, les animaux d’élevage ingurgitent des herbes et des restes de matière végétale provenant de la production alimentaire humaine et les transforment en protéines nutritionnelles de haute qualité. Ils produiraient ainsi 19% de plus de protéines comestibles qu'ils en consommeraient. Mme Place soutient que même si on éliminait l’élevage, les émissions de gaz à effet de serre ne diminueraient que de 2,6% aux États-Unis et de 0,36% à l'échelle mondiale.


Comme ce n’est pas demain que les habitudes alimentaires des Terriens pourront être modifiées, souhaitons que les avancées technologiques permettent entre temps de diminuer les émissions de méthane comme cela s’est produit, par exemple, sur une ferme de l'Île-du-Prince-Édouard où l’ajout d’algues à la ration des vaches a permis de réduire de 20% la production de ce gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2.


Source : Drovers

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