La construction d’un empire

Après une série d’acquisitions qui a hissé la Brésilienne JBS au titre de plus gros producteur de protéines au monde, JBS se prépare maintenant à une émission publique d’actions (IPO : Initial Public Offering) en sol américain. La démarche en cours vise à ce que JBS puisse conserver le contrôle de la nouvelle entité internationale qu’elle a créée en établissant un siège social en Hollande, ainsi que ses actions inscrites à la bourse de New York. Rappelons que ce geste fait suite à une tentative infructueuse, en mai dernier, de procéder à une introduction en bourse pour ses activités internationales avec un siège social à Dublin. Craignant la délocalisation du pouvoir décisionnel vers la capitale irlandaise, un des actionnaires important BNDES, la Banque de développement brésilienne qui détient 20% des actions de JBS s’y était alors opposée.



Pour mieux comprendre la place de JBS dans l’univers des acteurs du domaine agroalimentaire, les ventes de JBS étaient de 50 milliards de$ US comparativement à son plus proche concurrent TysonFoods Inc. à 41 milliards de$ US en 2015. La série d’acquisitions qui comprend Pilgrim’s Pride Inc., en 2009, puis les opérations porcines de Cargill pour 1,45 milliard de $ US, en juin 2015. Ces acquisitions placent JBS comme deuxième producteur de poulet derrière Tyson et deuxième transformateur de porcs derrière Smithfield Foods Inc., aux États-Unis.



JBS devient ainsi de plus en plus américaine avec maintenant 80% de ses ventes en $ US et la majorité de sa dette de 16 milliards de $ US dans cette devise. En procédant à une introduction en bourse en sol américain, la compagnie souhaite payer une partie de sa dette dans la même devise, éviter les fluctuations de change et se rapprocher de son principal marché. Il s’agit d’un processus normal après une série d’acquisitions financées par endettement. L’IPO devrait rapporter 1,5 milliard de $ US, ce qui permettrait de réduire l’endettement de l’entreprise à 2,8 fois les bénéfices avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA) d’ici la fin de 2017.


En plus de réduire sa dette avec cette introduction en bourse, JBS bénéficiera d’une plateforme pour de futures émissions d’actions pouvant servir à d’autres acquisitions et lui permettre de poursuivre sa stratégie de croissance. Il est donc fort probable que nous assistions à des annonces en ce sens en 2017.


Afin de réaliser les synergies annoncées au moment d’une acquisition, les acquéreurs procèdent normalement à l’intégration de leurs systèmes de gestions et à des investissements dans les technologies. À la divulgation des prochains résultats trimestriels, JBS risque bien de faire état des synergies réalisés découlant de tels investissements.

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