Le vent de la peste

Sept éclosions de peste porcine africaine (PPA) ont été recensées en Chine. Depuis le 6 septembre, trois nouvelles apparitions de PPA ont été identifiées dans la province d’Anhui, à l’ouest de Shanghai, où vivent 15 millions de porcs. Le risque élevé de propagation aux autres provinces et pays limitrophes inquiète les autorités. Cela survient au moment où les États-Unis et la Chine sont engagés dans un bras de fer de sanctions économiques rendant les importations de porc américain plus coûteuses.



La première éclosion avait été découverte dans la province de Liaoning près de la frontière avec la Corée du Nord au début d’août. Dans un effort pour réduire la propagation de la maladie, Beijing a resserré les règles sur le transport des porcs.



En Chine, selon les données du Ministère de l’Agriculture et des Affaires rurales, les prix du porc ont augmenté de 8 % en moyenne depuis le début août. Les cours mondiaux du soya, principal aliment dans la diète des porcs, ont fléchi la semaine dernière en anticipation de la réduction du cheptel chinois.


Selon Chenjun Pan, un analyste principal chez Rabobank, les restrictions dans le mouvement des porcs dans le sud du pays ont engendré des hausses de prix tandis que dans le nord, une hausse du nombre de porcs prenant la route des abattoirs et une capacité limitée de transformation on fait fléchir les prix.


La peste porcine africaine n’est pas transmissible aux humains, mais généralement fatale aux porcs. Hautement contagieuse, elle met en péril les 400 millions de porcs en sol chinois. La Chine est non seulement le plus grand producteur de porcs, mais aussi le plus important consommateur.



Feng Yonghui, l’analyse en chef à la firme de recherche porcine Soozhu, a indiqué que la PPA va affecter la demande, mais de façon limitée puisque le virus n’affecte pas les humains. Cela dit, l’analyste ajoute que la hausse des prix du porc est une source importante de préoccupations pour Beijing en raison de leur impact sur les données de l’inflation.


Selon Wantanee Kalpravidh, un spécialiste en contrôle des maladies animales auprès de l’organisation alimentaire et de l’agriculture des Nations Unies, il peut falloir de deux à trois semaines avant le début de la mise en œuvre de l’euthanasie des animaux infectés. Cela pourrait permettre à la maladie de se propager davantage.


Pour les producteurs porcins américains et canadiens, la PPA qui sévit en Chine pourrait amener un raffermissement des prix inespéré. Comme quoi le malheur des uns fait le bonheur des autres.

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