Les porcheries du ciel

De loin (et même de près !), on croirait à de nouveaux HLM érigés en banlieue de n’importe quelle grande ville. Qu’on ne s’y trompe pas. Ces édifices qui pourraient se fondre dans un quartier résidentiel sont destinés aux… cochons. Confrontée à de graves éclosions de peste africaine et de diarrhée épidémique porcine, la Chine qui élève plus de la moitié de la population porcine mondiale fait l’expérience des porcheries gratte-ciel. Pour une biosécurité et une réduction des coûts apparemment jamais atteintes auparavant.



Dans la région du Guangxi, à la hauteur de Hong Kong, la société Yangxiang a érigé des fermes porcines atteignant jusqu’à 13 étages. L’Empire du Milieu, 3e plus vaste pays au monde, manquait-il d’espace pour accueillir ses quelque 690 millions de porcs ? Pas vraiment. Si les architectes de ces porcheries ont opté pour la hauteur, c’est d’abord qu’ils souhaitent mieux lutter contre les agents pathogènes qui menacent les troupeaux et l’économie.


Selon les experts de la société porcine Yangxiang, dans ses porcheries en hauteur, les chances que les épidémies se transmettent par les systèmes de ventilation sont moindres que pour les porcheries traditionnelles construites au niveau du sol. Non seulement l'air qui entre par le côté des bâtiments est filtré, mais en bout de course, il est évacué par des cheminées qui se trouvent à 15 m au-dessus du toit de l’édifice. De plus, chaque étage possède ses propres entrées d’air, ce qui fait que l’air ne peut circuler sur les autres étages. Le concept d’étanchéité est tel qu’après le sevrage, les porcelets ne quitteront le bâtiment qu’en utilisant un ascenseur séparé !



Dans l’éventualité de l’apparition d’une maladie, seuls les animaux du même étage sont sujets contamination. Le personnel, lui-même, ne peut travailler que sur un seul et même étage et doit demeurer en quarantaine pendant 48 heures avant de pouvoir revenir sur la ferme.


Quant au coût d’une porcherie gratte-ciel, il serait près de quatre fois plus élevé par emplacement d’une truie comparativement à une porcherie conventionnelle, mais la compacité des étages ferait en sorte qu’il ne faudrait plus que quatre personnes plutôt que dix pour soigner 1 000 truies.


Source : Pig Progress

ABONNEZ-VOUS À L'INFOLETTRE