Péril en la baratte

L’industrie laitière américaine et canadienne est aux prises avec des surplus de lait. Les plus récentes statistiques du USDA (US Department of Agriculture) indiquent que plus de 43 millions de gallons ont été déversés dans les champs durant les 8 premiers mois de 2016. Il s’agit d’un record et presque deux fois plus que la moyenne des 17 dernières années. Ces surplus ont fait chuter les prix de 36% comparativement aux prix de 2014. La course aux débouchés bat son plein.



Aux prix actuels, plusieurs producteurs ne peuvent même pas se permettre de couvrir les frais de transport et doivent disposer de leurs surplus à la ferme. Ils cherchent désespérément à trouver de nouveaux débouchés pour ces surplus de lait. Ainsi, le Dairy Management Inc.(DMI), une firme de marketing financé par les 43 000 producteurs de lait a dépensé plusieurs millions de dollars pour développer des plats à forte teneur en produits laitiers. Ces produits ont été développés avec McDonald’s Corp., Yum Brands inc. (Taco Bell), Domino’s Pizza inc. et plusieurs autres chaînes de restaurants que l’organisme appelle ses «partenaires laitiers».



Les diététiciens de l’organisme ont travaillé de concert avec ceux de leurs partenaires laitiers pour développer ces produits. Par exemple, la margarine a été remplacée par le beurre dans les sandwichs Egg McMuffin. La porte-parole de McDonald, Becca Hary a indiqué qu'à la suite de ce changement les ventes de ce produit ont connus une croissance de plus de 10%. Avec Taco Bell, DMI a créé un quesalupa rempli de fromage, un croisement entre quesadilla et un chalupa à coquille dure. Avec de telles initiatives, l’usage commercial de produits laitiers est en hausse de 4% pour les 7 premiers mois de l’année comparativement à la même période en 2015.


Selon l’USDA, en moyenne chaque Américain a mangé une livre de plus de fromage et de beurre en 2015 comparativement à 2014. Tout ceci a aidé à combattre le déclin de consommation de produits laitiers de la dernière décennie. L’approche prise par les producteurs de lait américains démontre bien l’importance d’écouter les consommateurs, de tenter de nouvelles choses et même de défaire l’ordre établi.


Les récoltes abondantes de maïs et de soya ont poussé non seulement les producteurs de lait, mais aussi les éleveurs de volailles, de porcs et de bœufs à accroître leur cheptel. Cette offre additionnelle a engendré une baisse des ventes sur l’ensemble des fermes américaines. Certes, les faibles coûts des grains ont permis de maintenir une certaine profitabilité, mais dans un tel contexte, le contrôle des coûts — et non seulement celui des grains — est primordial.


Comme l’histoire à tendance à ce répéter, les bas prix des grains risquent de ne pas demeurer ainsi bien longtemps, ne serait-ce qu’à cause de la croissance de la population mondiale et de la demande en résultant. Les producteurs qui décideront d’investir dans des systèmes de contrôles de coûts pourront prendre des décisions éclairées et survivre dans un marché plus difficile pour être là pour prospérer dans un marché en expansion.

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