Sauter la clôture !

Les systèmes de contrôles des environnements d’élevages animaliers dans des bâtiments pour la volaille, les porcs et les vaches laitières sont bien répandus. On connait moins ceux destinés au contrôle des animaux en pâturage. Il existe pourtant des colliers intelligents qui permettent de guider les animaux et de récolter des données sur eux tout en éliminant les clôtures. Il faut moins de 48 heures aux bovins pour apprendre à être guidés par les colliers et éviter de dépenser des fortunes en enclos.



Ces colliers émettent des sons et de petites décharges électriques pour guider les animaux en plus de donner leur position exacte et des données sur l’animal tels son poids et son état de santé. L’information quant à leur position est relayée à une station de base grâce à un système GPS.


Les colliers posent des défis techniques et laissent présager des questionnements de la part des autorités réglementaires. Les piles doivent durer plusieurs mois et les colliers doivent être durables, car les animaux sont en pâturages plusieurs mois sans que leur propriétaire ait de contact avec eux. Un autre défi réside dans le fait que les ranchs doivent disposer d’une connexion internet ce qui n’est pas toujours le cas. Les groupes de protection des animaux ont aussi exprimé leurs inquiétudes, affirmant que les décharges électriques vont causer de l’anxiété aux bêtes. Les compagnies qui élaborent ces colliers rétorquent qu’ils émettent des décharges électriques moins grandes que les barrières électriques actuelles.


La banque hollandaise Rabobank, la compagnie de clôture Gallagher Group Ltd de Nouvelle-Zélande, les firmes de capital de risque américaines Promus Ventures et Eniac Ventures ont investi dans ces compagnies au potentiel important compte tenu de la population mondiale d’animaux de pâturage. À titre de comparaison, aux États-Unis seulement, plus de 300 $ millions ont été dépensés en clôtures agricoles selon la firme IBIS World. Selon Boyd Macdonald de Lone Star Farms qui a 6 000 têtes en pâturage en Nouvelle-Zélande, le potentiel de cette technologie est énorme et permettra d’avoir un meilleur contrôle sur les animaux et le pâturage.



La compagnie australienne Angersens qui vend ses colliers 155 $ US l’unité prétend que ses clients récupèrent leur investissement en moins de deux ans. Le président et chef de la direction d’Angersens, Ian Reilly qui a déjà vendu plus de 5 000 colliers prévoit en vendre 50 000 annuellement dans un avenir rapproché. Une autre compagnie de Norvège, Nofence prévoit commercialiser ses colliers virtuels ce printemps.


Dans un secteur avec des traditions vieilles de millénaires, les sceptiques devront être convaincus des bienfaits de cette technologie avant de vouloir faire sauter la clôture et l'éliminer des pâturages.

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